Les portraits ci-dessous sont ceux que rend le quiz. Ils se lisent aussi bien sans passer par les questions, pour situer un cépage avant d’acheter une bouteille ou de commander au restaurant.
Le droit, le tendu
Vous cherchez la netteté plutôt que la séduction immédiate. Le riesling ne joue pas sur le parfum : il joue sur la tension, l’acidité franche et une finale qui reste droite. C’est le cépage de référence du vignoble, celui qui vieillit le mieux et qui montre le plus nettement d’où il vient.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin de confort. Servi sur un plat très sucré, sa tension paraît sévère, et il ne pardonne pas les accords approximatifs.
Choucroute, charcuterie, poisson au beurre : son acidité coupe le gras entre deux bouchées.
Service : 9 à 11 °C.
L’expressif
Vous aimez qu’un vin se reconnaisse au nez avant la première gorgée. Litchi, rose, épices douces : le gewurztraminer ne passe jamais inaperçu, et sa bouche large prolonge ce que le nez annonce. Souvent tendre, parfois sec, il assume son caractère.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin discret. Sur un poisson délicat ou une entrée légère, il couvre entièrement le plat au lieu de l’accompagner.
Munster, cuisine épicée, fromage à pâte lavée : son fruit mûr absorbe le piquant plutôt que de l’amplifier.
Service : 11 à 13 °C.
L’ample
Vous préférez qu’un vin occupe la bouche plutôt qu’il ne la réveille. Le pinot gris est plus large que le riesling, rond, sur des fruits mûrs et des notes fumées. C’est le plus polyvalent des blancs alsaciens à table.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin d’apéritif. Sa rondeur alourdit une entrée légère servie en début de repas, et il n’a pas la vivacité qu’on attend d’un blanc de soif.
Volaille à la crème, poisson en sauce, plats mijotés : son volume tient face à la sauce.
Service : 11 à 13 °C.
Le fruité franc
Vous voulez du fruit sans sucre et de la fraîcheur sans austérité. Le muscat alsacien est sec, contrairement à ce que son nom laisse attendre, très aromatique, avec ce côté raisin frais et végétal qu’aucun autre cépage de la région ne donne.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin de garde ni un vin de plat consistant : il s’efface derrière une préparation riche ou longuement mijotée.
Asperges, légumes de printemps, apéritif : son côté végétal s’entend avec ce que les autres blancs ratent.
Service : 8 à 10 °C.
Le lanceur de repas
Vous ouvrez une bouteille pour marquer un moment plus que pour accompagner un plat. Le crémant d’Alsace représente environ 21 % de la production régionale : ce n’est pas une curiosité locale mais un pilier du vignoble, vif et net.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin de repas complet. Sa bulle ne tient pas la distance sur un plat consistant, où elle finit par fatiguer le palais.
Apéritif, bouchées salées, début de repas : sa bulle et son acidité réveillent le palais.
Service : 6 à 8 °C.
Le rouge de la région
Vous restez sur le rouge, même en terre de blancs. Le pinot noir est le seul cépage rouge et rosé autorisé en AOC Alsace, sur des fruits rouges nets et des tanins souples. Sa qualité a beaucoup progressé depuis deux décennies.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un rouge puissant et tannique. Servi à température de pièce, il s’alourdit, et il ne tient pas face à une cuisine très épicée qui écrase son fruit.
Viande blanche rôtie, viande rouge sans sauce lourde : ses tanins souples suivent la texture.
Service : 14 à 16 °C.
Le discret
Vous vous méfiez des vins qui en font trop. Le sylvaner est sec, léger, franc, sans détour aromatique, et souvent proposé en entrée de gamme chez le vigneron. C’est le blanc du quotidien alsacien, celui qu’on ouvre sans cérémonie.
Ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un vin d’exposition. Il ne cherche ni la complexité ni la garde, et il ne soutiendra pas un plat très riche.
Coquillages, poisson simple, tarte flambée : sa légèreté laisse le plat s’exprimer.
Service : 8 à 10 °C.